L’Union Européenne fait le point sur son soutien à l’Alliance Virunga

L’Union Européenne soutient depuis plus de trois décennies le Parc National de Virunga, PNVi, et de façon plus intensifié depuis le lancement de l’Alliance Virunga. Plusieurs innovations sont apportées pour la vision de l’Union Européenne dans son Green Deal. Le chef de la Délégation de l’Union européenne en RDC, Jean-Marc Châtaigner, l’a expliqué au cours d’une conférence de presse Co-animé avec le Directeur Général de l’Institut Congolais pour la Conservation de la nature (ICCN) Cosma Wilungula, le vendredi 16 octobre 2020 au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Cette conférence était organisée en marge de l’événement « 24 heures pour le climat ».

D’après Jean-Marc Châtaigner, les efforts de soutien, tant en ressources financières qu’en attention politique, se sont multipliés suite au lancement de l’Alliance Virunga. A partir de ce moment le focus des investissements (ou soutien) de l’Union Européenne s’est concentré dans le développement et la stabilisation des populations riveraines du PNVi. Ce financement s’élève à plusieurs millions d’euros (même si le chiffre exact n’était pas révélé à cette conférence de presse).

Plusieurs projets ont ainsi vu le jour grâce à ce financement. Il y a par exemple ce  projet d’une mini-centrale hydroélectrique à Mutwanga (9FED UE) qui avait été l’élément déclencheur de l’approche, avec un programme électrification Rural de 0.2 MW. Ce qui avait eu le mérite d’attirer des multiples bailleurs et le prêt d’une banque de développement, jusqu’à conduire aujourd’hui à l’installation d’une puissance autour de 30 MW. Tous les mois des centaines de clients et entreprises se raccordent à un réseau en expansion à vocation de transformer l’économie du Nord Kivu.

Il faut aussi souligner que la plupart des fonds sont destinés à soutenir le développement des populations riveraines dans des activités où le parc exerce un levier par sa présence. Par exemple au niveau des fonds FED en exécution autour du 20% des investissements sont alloués à la conservation alors que le reste est investi dans le programme d’hydroélectricité (51%), le programme d’agriculture et entrepreneuriat (25%) et dans le tourisme (4%).

Pour chef de la Délégation de l’Union européenne en RDC, « l’Union Européenne est consciente du lien entre la conservation des espaces protégées et la sécurité. La bonne gestion d’une aire protégée peut devenir un moteur de stabilité, spécialement s’il est couplé à un programme de développement économique. Nous sommes partie prenante de cette approche, toujours dans le strict respect des droits humains », a-t-il indiqué.

Selon le Directeur Général de l’ICCN, Cosma Wilungula, les financements de l’Union Européenne dans les énergies renouvelables, à lui seul, pourrait générer jusqu’à 120 mille emplois directs et indirects dans le parc national des Virunga

« L’Union européenne est le plus grand partenaire de l’ICCN. Si nous considérons le 11ème FED qui est en train de se terminer, nous avons bénéficié de beaucoup d’argent. Au départ, on a commencé par 120 millions, ça a été un salut pour les aires protégées dans ce pays », a indiqué Cosma Wilungula.

A partir de la consolidation du premier PPP (2005), l’UE a accompagné l’ICCN au PNVi dans le processus de réforme institutionnelle qui a abouti à une gestion du parc aux standards internationaux.

Cependant, le parc national des Virunga est toujours confronté aux problèmes sécuritaires malgré tous ces efforts. Une dizaine des groupes armés y opèrent. Pour faire face à cet incivisme, les Forces armées de la RDC et les éco-gardes des PNVi pourraient lancer des opérations conjointes avec l’aide de l’Union européenne, pour accompagner les convois des civils qui traversent ce parc.

Par ailleurs, l’Union Européenne lancera une initiative baptisée « Naturafrica », destinée à lutter contre l’appauvrissement de la biodiversité grâce à la création d’un réseau de zones protégées, avec pour objectifs la protection de la vie sauvage et l’offre de débouchés dans les secteurs verts pour les populations locales. Le message final à passer alors c’est que les Aires Protégées peuvent devenir des leviers de développement et stabilisation.

Pour rappel, « 24 heures pour le climat », est un événement, sans précédent, dédié au partage des solutions et bonnes pratiques au niveau mondial est soutenu notamment par la Région de Bruxelles-Capitale et la Commission Européenne. Y étaient représentés tous les domaines d’activité liés au climat et à la transition écologique : mobilité, énergie, agriculture, gestion et réduction des déchets, biodiversité, économie circulaire et collaborative, etc.

Le coup d’envoi était donné le 23 octobre à 00.01h à Bruxelles (UTC+2). Il s’en est alors suivi chaque heure différentes conférences depuis les Iles Tonga dans le Pacifique jusqu’au Côte d’Alaska en passant par l’Asie, le continent africain, l’Europe et les Amériques, pendant 24 heures sans interruption dans les clubs de presse du monde entier.  En RDC, l’activité a eu lieu le vendredi 16 octobre avec un embargo lancé aux medias de ne diffuser le message qu’à partir du 24 octobre.

C’est donc une occasion unique de renforcer la dynamique environnementale de l’Afrique, en présentant des projets remarquables et exemplaires à un public mondial. Le changement climatique est un défi mondial, c’est pourquoi l’Union européenne s’associe à des pays partenaires du monde entier pour faire du Green Deal une réalité. Ainsi, huit projets innovants financés par l’UE en Afrique étaient présentés au cours des “24 heures pour le climat”, de projets qui vont de la protection de la biodiversité à la fourniture d’une énergie verte abordable.


Zoom – Eco /provinces26rdc.net

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