RDC : Au moins 636 personnes tuées et plus de 1 130 autres blessées suite aux conflits en Ituri depuis le début de l’année 2020 (OCHA)

La situation humanitaire s’est énormément dégradée dans les régions de Djugu, de Mahagi et d’Irumu depuis le début de cette année. Selon le rapport du Bureau de Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, OCHA, au moins 636 personnes ont perdu la vie et plus de 1 130 autres ont été blessées à cause des conflits durant le premier semestre de l’année 2020.

Ici quelques 190 incidents sécuritaires tels que des massacres, violences sexuelles, meurtres ont été rapportés durant cette période. Cependant, le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire en Ituri est estimée à plus de 2,4 millions, soit près d’une personne sur deux qui est affectée dans la province.

Dans ce contexte sécuritaire particulièrement volatile et tendu, les incidents de protection ont augmenté de façon exponentielle en passant de 472 en janvier 2020 à 2 143 pour le seul mois de juillet. Le nombre de cas de violences basées sur le genre (VBG) a augmenté de plus de 64 pour cent entre le premier trimestre et le second trimestre 2020.

Certains acteurs armés pratiquent la politique de « la terre brûlée » comme mode opératoire lors des attaques. Depuis le début de l’année, ils ont pillé, détruit ou occupé 79 centres de santé privant ainsi l’accès à la santé à plus de 700 000 personnes et 163 écoles privant 48 900 enfants d’accès à l’éducation. 1,6 million de personnes ont été forcées de se déplacer. L’augmentation rapide des déplacements observée en Ituri depuis le début de l’année est sans précédent, indique OCHA dans son communiqué.

En outre, le Nord de l’Ituri accueille 47 738 réfugiés Sud Soudanais augmentant ainsi la pression sur les ressources et les moyens d’existence. L’instabilité au Nord-Kivu et dans le Sud de l’Ituri rajoute également un nombre important de déplacés dans l’Ituri.

Quatre personnes sur cinq sont en insécurité alimentaire

« L’insécurité, les mouvements de populations ainsi que l’impossibilité d’accéder aux champs et à la nourriture font qu’en Ituri, environ 4 385 000 personnes se trouvent en insécurité alimentaire, dont environ 1 590 000 sous sa forme sévère, selon les résultats de la dernière enquête approfondie de la sécurité alimentaire en situation d’urgence (EFSA) conduite en mai 2019 » explique OCHA dans ce communiqué publié ce jeudi 24 septembre 2020.

En d’autres termes, 81 pour cent de la population de la province est touchée par l’insécurité alimentaire, dont 29 pour cent se trouvant dans la phase de crise ou d’urgence alimentaire. Au regard de cette situation, la province est classée parmi les zones les plus vulnérables sur le plan alimentaire au monde selon les spécialistes de la sécurité alimentaire.

Dans le territoire de Djugu, actuellement affecté par la montée de l’insécurité, le taux d’insécurité alimentaire est de 89 pour cent. Seuls 9 pour cent des déplacés et 8 pour cent des retournés ont une consommation alimentaire suffisante en quantité et en qualité. La prévalence de la malnutrition aiguë globale chez les enfants de 6 à 59 mois est de 12 pourcent, un taux bien supérieur au seuil d’alerte de 10 pour cent fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Il faut dire l’urgence en Ituri est aussi sanitaire. Ici, la moitié de la population n’a pas accès à des soins de santé de qualité du fait de la destruction de certaines structures sanitaires, de l’éloignement des centres restants ainsi que du manque de personnel, de matériels médicaux ou de médicaments.


MNC TV Congo /provinces26rdc.net

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*