RDC : « Controverse autour des propos de Fatshi, Mabunda brandit la « haute trahison », Olenghankoy appelle au « devoir de réserve.

Les médias congolais de ce mercredi reviennent sur la réaction de Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale sur le propos du Président Tshisekedi qui a évoqué la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale.

Jeanine Mabunda a évoqué « la ratio legis » de l’article 148 de la Constitution pour énumérer les cas précis et les conditionnalités de la dissolution de la Chambre basse du Parlement, rapporte Le Potentiel.

Elle a brandi la menace de l’exposition au cas de haute trahison pour quiconque méconnaitrait la loi fondamentale, ajoute le journal.

La position de Jeanine Mabunda n’est pas appréciée par le président du CNSA. Joseph Olenghankoy conçoit très mal que les acteurs institutionnels s’évertuent à porter des critiques aux propos du chef de l’Etat, indique le quotidien. Le Potentiel note que Joseph Olenghankoy appelle tous les acteurs au devoir de réserve.

Jeanine Mabunda, est restée ferme, strictement accrochée à l’angle légal, se voulant fidèle à la Constitution.  Dans sa riposte, elle a fait comprendre au Président de la République que dissoudre l’institution législative doit obéir à un certain nombre de préalables. Le media de conclure « Mme Mabunda a donné des leçons fermes au Président Tshisekedi ».

Pas de crise entre institutions

Pour la présidente de l’Assemblée nationale, ajoute Forum des As, il n’y a pas pour le moment de crise entre les institutions pour qu’il y ait dissolution du Parlement. En outre, ajoute le tabloïd, le Président de la république est tenu de consulter les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale et le Premier ministre avant toute décision, au risque de tomber sous le coup de haute trahison, en violation de la Constitution.

Jeanine Mabunda a expliqué aux journalistes réunis à l’hôtel Sultani à Kinshasa que les responsables de deux chambres du parlement avaient rencontré Félix Tshisekedi le 13 janvier et ils ont échangé sur « des sujets qui sont des pointes d’alerte, des sujets qui peuvent mettre le citoyen congolais mal à l’aise, sur des sujets qui peuvent diviser ou qui ne peuvent pas faciliter la cohésion nationale ».

La thématique de dissolution de l’Assemblée nationale, la crise dans les provinces, les réformes institutionnelles étaient également au cœur de ces échanges, ajoute le site web.

Débat indécent

Pour Cas-info.ca, Jeanine Mabunda trouve ce débat « un peu indécent, ou c’est un débat peut être accessoire et mineur par rapport à la douleur sociale que vivent les frères et sœurs ».

Selon la présidente de la Chambre basse du Parlement, l’essentiel aujourd’hui est notamment la situation sécuritaire qui prévaut dans la ville de Beni au Nord-Kivu.

« Je pense que nos querelles politiques internes, intestines, stériles, doivent quand-même un peu s’effacer devant l’essentiel. L’essentiel pour moi aujourd’hui, de ce que nous disent les Congolais, ce qu’ils ont mal par rapport à Beni, par rapport au danger de balkanisation du Congo, par rapport à l’incertitude, la violence, la faim, l’insécurité dans laquelle vivent non seulement nos compatriotes à Beni mais aussi notre armée qui fait un travail extraordinaire », a noté Jeanine Mabunda dans les propos repris par le site web.

La Prospérité pour sa part fait remarquer que les propos de Mabunda ne sont pas une réponse-réplique aux déclarations du Président de la République à Londres. Il s’agit plutôt selon le journal d’une mise au point nécessaire, une démarche quasi-pédagogique à laquelle s’est adonnée la présidente de l’Assemblée nationale à l’occasion d’une cérémonie d’échange de vœux avec les médias.

Pour Le Phare, Jeanine Mabunda a simplement taclé Félix Tshisekedi. La présidente de la Chambre basse s’est montrée particulièrement opposée à l’idée de la dissolution de l’Assemblée nationale, telle qu’évoquée par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, explique le journal.

En clair, Jeannine Mabunda Lioko et sa famille politique affichent leur opposition à l’hypothèse de la dissolution de l’Assemblée nationale, conclut le quotidien.

« La dissolution du parlement pour le chef de l’Etat, n’est pas à l’ordre du jour » (Présidence)

-Dans une note expliquant le discours du chef de l’Etat devant la communauté congolaise de la Grande-Bretagne, la présidence de la république a élucidé les différents points de l’oral de Félix Tshisekedi qui ont suscité diverses interprétations, en particulier, sur la dissolution de l’Assemblée nationale et la coalition FCC-CACH.

Sur le premier point, la présidence précise que la dissolution du parlement pour le chef de l’Etat n’est pas à l’ordre du jour contrairement à ceux que pense une certaine opinion.

« La dissolution du parlement pour le chef de l’Etat, n’est pas à l’ordre du jour pour son agenda car il ne souhaiterait pas en le faisant, créer une crise au pays. Toutefois, a-t-il souligné, s’il est mis dans une situation où il n’arriverait pas à satisfaire le peuple qui l’a élu, il n’y aura pas d’autre choix », précise la note de l’équipe de communication de la présidence.

Pour ce qui est la coalition FCC-CACH, la présidence souligne qu’en mettant en garde certains ministres qui s’opposent à ses actions, le chef de l’Etat « a conscientisé tout le monde, que ce soit les membres du front commun pour le Congo [FCC] que ceux du cap pour le changement [CACH] de travailler pour l’intérêt supérieur de la nation et non pour les familles politiques auxquelles nous appartenons ».

Le chef de l’Etat avait, pour rappel, le dimanche dernier, déclaré devant la diaspora qu’il n’écarte pas l’option de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de crise persistante avec son gouvernement avant de révéler que certains des ministres subissent des pressions pour s’opposer à ses actions.

Des propos qui ont suscité diverses réactions au sein de la classe politique congolaise selon que l’on soit de front commun pour le Congo de Joseph Kabila ou du cap pour le changement.

Félix Tshisekedi menace de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de « crise persistante »

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Le président de la République, Félix Tshisekedi, était ce dimanche 19 janvier face à la communauté congolaise vivant à Londres où il est arrivé le dimanche 19 janvier.

Face ses compatriotes, le Chef de l’État a soutenu qu’il n’écarte pas l’option de dissoudre l’Assemblée nationale en cas de crise persistante avec son gouvernement.

« Je n’ai pas besoin de créer une crise en RDC. Mais,visiblement, il y en a qui veulent me pousser à bout et faire que je puisse dissoudre l’Assemblée nationale. S’ils multiplient des crises, ils vont me pousser à cette décision », a-t-il menacé.

L’article 148 de Constitution stipule : « En cas de crise persistante entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, le président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale ».

Ne disposant pas d’une majorité au parlement, à l’issue des élections couplées de 2018, Félix Tshisekedi a coalisé avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila pour diriger le pays ensemble. Près d’une année après, cette alliance a du mal à aplanir certaines divergences.

Je ne suis pas au pouvoir par la volonté de quelqu’un

Le Chef de l’État a aussi, une fois de plus, insisté sur le fait qu’il est au pouvoir par la seule volonté du peuple et non par celle d’un homme, contrairement à une certaine opinion qui soutient qu’il est au pouvoir par la volonté de son prédécesseur.

Il a, par la même occasion, révélé que certains des ministres subissent des pressions pour s’opposer à ses actions.

« Certains ministres me disent qu’ils subissent des pressions pour nuire à mes actions. Je ne suis pas au pouvoir par la volonté de quelqu’un », a-t-il ajouté, avant de lancer une mise en garde « Ceux qui se mettront sur ma route pour combattre mes actions, leur sort c’est le stylo rouge, peu importe leur camp politique; »

Il sied de rappeler que le Chef de l’État est à Londres pour participer au sommet de l’investissement Royaume -Uni/ Afrique prévu du 19 au 21 janvier 2020. Selon les autorités britanniques, ce sommet vise à renforcer le partenariat entre le  Royaume-Uni et les pays africains.

Provinces26rdc.net

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