RDC-Diaspore : Julienne Lusenge plaide pour l’élimination des violences sexuelles, Au conseil des droits de l’homme à Génève

Directrice du Fonds pour les femmes congolaises, Julienne Lusenge est intervenue récemment au Conseil des droits de l’Homme à Genève. Elle a profité de cette tribune pour plaider l’élimination des violences sexuelles en RDC. Juchée sur l’estrade, aux côtés du Secrétaire général des Nations Unies et du Président du CICR et du Croissant-Rouge au Palais des nations à Genève, Julienne Lusenge a présenté devant l’assistance la situation des victimes et des survivantes des violences sexuelles en RDC.

La PCA de SOFEPADI et directrice du Fonds pour les femmes congolaises a profité de l’occasion pour formuler une série de recommandations en vue d’intensifier les actions visant à prévenir et éliminer les violences sexuelles et celles liées au genre en période des conflits.

Parmi les remèdes proposés, il y a entre autres la prévention des violences par l’installation de services de bases (eau, soins médicaux, énergies renouvelables, apprentissage des métiers) ainsi que le soutien technique et financier des groupes et associations des femmes pour les rendre capables de répondre immédiatement aux besoins des femmes et filles dans le contexte des conflits.

Ce sont elles, en fait, les premières actrices humanitaires, a souligné Julienne Lusenge. L’intervenante a aussi suggéré l’appui des réseaux des survivantes au niveau national et international, afin que leurs voix soient entendues. Elle a également évoqué la mise en place d’un programme national et d’un fonds de réparation par les Etats membres des NU.

Enfin, la PCA de SOFEPADI a estimé que les institutions judiciaires doivent être fonctionnelles et animées par des gens intègres. Elle a encouragé la reconstruction des prisons, avec un programme réel de rééducation pour la sécurité des victimes et activistes. Pour mettre fin au cycle de violences, la directrice de FFC est convaincue qu’il faut mettre en place les mécanismes de prévention au lieu de se contenter juste de soigner.

En plus, a-t-elle poursuivi, il faudra mettre les femmes à l’abri en facilitant leur accès aux services de base (santé adéquat, eau potable, routes, énergie renouvelable et solaire, pour que cibles des violences sexuelles n’aillent pas chercher les bois morts dans la brousse éloignée, où elles sont agressées ou kidnappées.

« Nous devons sensibiliser les membres des communautés locales et les jeunes à se désolidariser des groupes armés ». « Les enfants issus de viol et victimes de violences sexuelles doivent être intégrés dans tous les programmes. Pendant ce temps, les Etats doivent organiser l’enregistrement légal de ces enfants en tant que citoyennes et citoyens à part entière ».

Prise en charge globale des survivantes « Notre organisation SOFEPADI offre la prise en charge globale, médicale, psychologiques et judiciaire des survivantes. En 20 ans d’instabilité et d’insécurité, nous nous sommes attelés à organiser la réinsertion socio-économique des victimes », a indiqué la directrice de FFC.

Dans son combat, SOFEPADI implique la communauté, les chefs coutumiers, les leaders d’opinions, les jeunes, et les survivantes elles-mêmes.  » Les femmes viennent chez nous comme victimes, mais elles retournent chez eux comme agents de changement. Une fois formées sur leurs droits et les lois qui répriment les violences sexuelles, elles participent à la lutte,  » a soutenu cette activiste des droits des femmes.

En outre, Julienne Lusenge a plaidé pour le financement du Centre médical « Karibuni wa mama  » de SOFEPADI à Bunia, afin de lui permettre de maintenir ce travail. Elle a également plaidé pour que l’engagement du Sommet Humanitaire Mondial à Istanbul de 2016 sur le financement des réponses aux crises soit accordé aux organisations qui œuvrent contre les VBG.

« Il est temps, dit-elle, que les corps des femmes cessent d’être les champs de bataille. Il est temps que les victimes obtiennent justice et réparation. Il est temps que les violences sexuelles comme tactique de guerre s’arrêtent. Et pour que ceci devienne une réalité, Il est temps que les femmes soient impliquées dans la paix et toutes dans les décisions autour « .

L’ONU et le CICR prêts à éliminer les Violences Sexuelles Le plaidoyer mené par la militante des droits des femmes a reçu une réaction rapide de la part de ses partenaires. La réponse de l’ONU et du CICR n’a pas tardé. Les deux institutions s’engagent à intensifier leur action pour prévenir et éliminer la violence sexuelle fondée sur le genre pendant les conflits.

Dans le cadre des activités qu’elles mènent dans les zones de conflit, les deux organisations constatent les dommages énormes et durables causés par la violence sexuelle fondée sur le genre, utilisée comme tactique de guerre pour déshumaniser les victimes « Trop souvent, les atrocités sexuelles sont considérées comme un sous-produit inévitable de la guerre et tolérées comme tel. Il faut que cela cesse. La loi est claire : le viol et les autres formes de violence sexuelle sont une atteinte aux lois » a noté Peter Maurer,président du CICR.

« Nous nous engageons aujourd’hui à faire plus et mieux pour les victimes de violences sexuelles et sexistes. Nous exigeons que ces violences cessent d’être utilisées comme armes de guerre et que la honte change de camp. Punissons donc les criminels et non plus les victimes », a martelé Peter Maurer

« Le monde est de plus en plus conscient de l’omniprésence de la violence sexuelle fondée sur le genre pendant les conflits. Nous devons redoubler d’efforts pour prévenir ce fléau, et pour amener les auteurs à répondre de leurs actes », a renchéri Antonio Guterres.

« Nous remplacerons l’impunité par la justice, et l’indifférence par l’action. Quant aux rescapés, leur expérience, leurs besoins et leurs attentes seront au cœur de tout ce que nous ferons », a conclu le Secrétaire général de l’ONU.

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