RDC : Dolly Makambo et Cie devant la Haute Cour Militaire(Meurtre de Belvis Ilo)

La Haute Cour militaire a ouvert un procès contre le ministre provincial de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières de Kinshasa, Dolly Makambo Nawezi sur l’affaire « meurtre » de Belvis Nkuku Ilo, l’Administrateur gestionnaire du Centre de santé « Vijana ». Meurtre orchestré, pour rappel, par l’un des policiers commis à sa garde rapprochée.

Bien qu’elle soit jugée incompétente par la partie défenderesse, conformément à l’article 111 du code judiciaire militaire, la Haute Cour militaire a, après avoir pris l’audience en délibéré, déclaré sa compétence de poursuivre l’affaire. C’est ainsi qu’après l’étape de la Gombe, une autre audience foraine a été ouverte dans la soirée sur le lieu de l’évènement, sur décision du président de la Haute Cour militaire.

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Le ministre provincial de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières de Kinshasa, Dolly Makambo Nawezi est poursuivi par la Haute Cour militaire sur l’affaire « meurtre » de l’administrateur gestionnaire du centre de santé « Vijana », situé dans la commune de Lingwala.

La mort de Belvis Ilo est attribuable au policier Ekanga Nyama

Le jeune médecin, Belvis Nkuku Ilo, 33 ans. (© DR)

La mort de ce jeune médecin est attribuable au policier dénommé Ekanga Nyama, soumis à la garde rapprochée du ministre Makambo. Mis en résidence surveillée, c’est hier que le procès du ministre provincial a été ouvert à la Haute Cour militaire de la Gombe. Outre Dolly Makambo, il y a sur le banc des accusés, le chauffeur de la jeep 4×4 de la suite du ministre qui a été incendiée par la population après le drame. Un autre comparant, le principal spoliateur qui est un député honoraire, ainsi que le gérant de son chantier situé dans l’enceinte de « Vijana ». Le policier auteur du meurtre, demeure « introuvable ».

Après l’avis du Ministère public qui a jugé que Dolly Makambo est condamnable, car le policier était à son service et ne pouvait agir que sur ordre de son chef, le débat a donc été lancé, et les avocats de la partie défenderesse ont demandé à la Haute de Cour de remettre le ministre aux mains de son « juge naturel ».

« Il n’a pas commis d’infraction au moyen d’armes de guerre, conformément à l’article 111. Donc, le député provincial promu ministre provincial, doit être remis à sa juridiction naturelle qu’est la Cour de cassation. Pourquoi tirer quelqu’un de son juge naturel et le soumettre à une pratique judiciaire ? », S’est interrogé l’un des avocats du ministre provincial.

Un autre avocat du ministre provincial a affirmé que la Haute Cour militaire n’est pas une juridiction spécialisée pour justifier la présence de Dolly Makambo.

« Ça c’est une distraction. Il faut retrouver le policier qui est en cavale, et le juger. Dolly Makambo n’a même pas fait le scoutisme. Il n’a jamais appartenu à la Police, et cela, même s’il s’agit de son garde du corps. Donc, il peut commettre un crime chez lui à la maison, et vous allez le coller à Dolly puisque c’est son garde du corps ? Il y a un problème de compétence de la juridiction. Une juridiction militaire, ne peut être supérieure à la Cour de cassation », a-t-il dit.

Après les différents débats, l’audience va être prise en délibérée, et suspendue pendant quelques minutes. A la reprise, le président de la Cour a décidé de poursuivre l’affaire, car pour lui, la Haute Cour Militaire est compétente.

Le chauffeur reconnait ne pas être envoyé par le ministre à Vijana


Après l’étape de la Gombe, une autre audience foraine a été ouverte au lieu du drame, au centre de santé Vijana, situé dans la commune de Lingwala, en présence de tous les accusés, dont le ministre provincial Dolly Makambo. Devant une foule importante, le procès a été ouvert, et le premier à être entendu, c’est le conducteur de la jeep 4×4 brûlée et qui avait transporté le policier, auteur du crime.

Pour le chauffeur qui travaille avec M. Makambo, il y a de cela une année, l’ordre d’arriver sur le lieu et de tirer sur l’administrateur de Vijana, n’a pas été donné par le ministre. Ainsi, après son oral, le président de la Haute Cour a renvoyé l’audience foraine à ce vendredi 1er novembre 2019.


L’Avenir /Provinces266rdc

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