RDC : « Entériner le président de la CENI dans les circonstances actuelles serait un forcing scandaleux » (Me Alerte Odia)

La question de la désignation des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) continue d’alimenter le débat politique au sein de la classe politique en République démocratique du Congo.

Dans une interview accordée à Actu30.cd, le 14 septembre 2021, au sujet de l’entérinement du successeur de Corneille Nangaa à la tête de la CENI, maître Arlette Odia, présidente de l’ASBL Collectif pour le développement et de l’unité du Congo (CDUC), a trouvé inopportun l’entérinement du président de la CENI dans les circonstances actuelles.

« Entériner le président de la CENI dans les circonstances actuelles serait un forcing scandaleux, ça serait attentatoire à l’État de droit. Car, l’État de droit voudrait que les textes soient respectés. La loi portant organisation de la CENI a porté la désignation de la présidence par la société civile, composante confessions religieuses, et la Charte qui les régit privilégie le consensus », a-t-elle déclaré.

De ce fait, Maître Arlette Odia a exhorté les élus nationaux à faire preuve de loyauté vis-à-vis de la loi.

« Nous appelons les députés à beaucoup plus de loyauté à la loi et surtout à leur devoir de contribuer efficacement à la désignation d’un président de la CENI qui soit moins reprochable », a-t-elle ajouté.

Arlette Odia a fait remarquer également que le président de la centrale électorale désigné par les 6 confessions religieuses pourrait avoir un problème de légalité si jamais l’Assemblée nationale entérinait le procès-verbal le désignant.

« Si le président de la CENI proposé par les six confessions religieuses venait à être validé, il se posera un problème de légalité. La procédure voudrait que le président soit un produit du consensus ou d’un vote. Mais, il se pourrait qu’il ne se pose pas un problème de légitimité parce que sur les 8 confessions religieuses, 6 ont donné leur accord et dans la sphère politique, l’Union sacrée serait derrière. Mais ce n’est pas vrai parce que le problème de légitimité, ce n’est pas seulement pour un camp politique mais pour l’ensemble des Congolais. Parce que les élections, c’est une affaire de tous les Congolais. Voilà pourquoi nous, la CDUC, nous voulons voir un président de la CENI qui bénéficie de la légalité et de la légitimité des Congolais », a-t-elle fait savoir.

Au regard des contestations au niveau des confessions religieuses et des politiques, la présidente du CDUC a appelé les acteurs politiques à se mettre ensemble au sujet de cette question de la désignation des membres de la CENI afin d’aboutir à des solutions salvatrices pour l’intérêt de la RDC.


Actu 30 /provinces26rdc.net

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