RDC : Fridolin Ambongo dénonce une « misère insupportable » à Beni

Le Cardinal Ambongo était à Beni et Butembo du 27 au 31 décembre sur invitation de l’évêque Sikuli Melchisedeck. A la fin de sa mission pastorale dans le diocèse de Beni – Butembo, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, a dénoncé, ce vendredi 03 janvier, une « misère insupportable » dans cette région en proie aux tueries massives des civils attribuées aux combattants ADF. 

Il a a affirmé avoir côtoyé la « souffrance d’un peuple traumatisé, forcés aux déplacements ».

Des populations ont abandonné leurs champs et leurs biens pour se protéger, a-t-il indiqué.

“ Je crois que le travail de la remise en question s’impose aussi bien à la population qu’à l’armée, la police comme à la Monusco. Tant que ce travail ne sera pas fait on continuera à se suspecter mutuellement, et ce n’est pas bon ”, expliquait le Cardinal à Butembo avant d’ajouter que « Certains ont parfois fois l’impression qu’il y a aussi des connexions entre les éléments de l’armée et de la Monusco avec l’ennemi. C’est ce qui jette des troubles dans la conscience du peuple. Il est important, comme je l’ai dit dans mon homélie ici et à Beni, il y a un travail à faire aussi bien du côté de la population que de l’armée. Il y a aussi certains de nos fils et de nos filles qui collaborent avec l’ennemi. Mais de la même manière, il y a aussi un travail de nettoyage et de clarification à faire parce que certains membres de l’armée voire de la Monusco ont joué ce rôle ”, avait-il ajouté.

L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo a pris parti pour les troupes des forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux prises avec les rebelles et miliciens dans l’Est du pays.

« L’ erreur que nous commettons toujours, c’est de donner (toujours) une image trop négative de notre armée, ce n’est pas du tout la cause de notre pays, l’armée est constituée de nos frères et sœurs qui sont au front, des gens qui ont abandonné leurs familles très loin, et qui s’exposent pour sécuriser le front Est de notre pays. Nous n’avons pas le droit de les mépriser ni les ridiculiser », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse ce vendredi 3 janvier à Kinshasa.

Et d’ajouter :

« Naturellement parmi les militaires, il y a toujours des brebis galeuses, il y en a qui commettent les bavures comme ça existe dans toutes les familles. Nous n’avons pas le droit de parler toujours de notre armée comme nous aimons le faire, de façon négative, ce sont les gens qui méritent notre admiration, notre considération ».

Le prélat catholique a effectué une mission pastorale de quatre jours dans le diocèse de Beni – Butembo où des populations sont victimes des massacres depuis 2014.

Ces atrocités sont attribuées aux rebelles des forces démocratiques alliés (ADF), rébellion d’origine ougandaise. Dans ses rangs, l’armée affirme y avoir capturé notamment des burundais, centrafricains, rwandais, somaliens et Kenyans.

Pour Fridolin Ambongo, les soldats « sont là mais ils n’ont pas toujours les moyens de faire la guerre ». Il a appelé le gouvernement à mettre des moyens « conséquents » à la disposition de l’armée pour éradiquer la menace sécuritaire et épargner les vies des populations. 

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