RDC-Funérailles de Lumumba : les Kinois ont rendu les derniers hommages au héros national

Réunis comme un seul homme, plusieurs Kinoises et Kinois ont rendu les derniers hommages au tout premier locataire de la primature et héro national, Patrice-Emery Lumumba, ce jeudi 30 juin au mausolée situé dans la commune de Limete. Autour du site, la population était amassée pour suivre la cérémonie d’enterrement de la relique de Lumumba.

Les partisans du Parti lumumbiste unifié ( PALU) ayant comme modèle dans la politique Lumumba et Gizenga ont accompagné l’enterrement de leur maître idéologique Lumumba avec des danses folkloriques et chansons traditionnelles.
L’émotion et la tristesse étaient au rendez-vous.

La sape et la photographie étaient également au rendez sur le boulevard Lumumba, tout près de la place échangeur. Les sapeurs ont aussi rendu, à leur manière, les derniers hommages à Patrice Lumumba. Bref, tous les Kinois avaient à cœur d’immortaliser ce grand moment de l’histoire de notre pays, à savoir : l’enterrement de la relique de Lumumba dans son pays, 61 ans après.

 » C’est un moment chargé d’émotion et symbolique sur le plan historique. Moi, en tant que jeune intellectuel, je ne pouvais pas manquer à cette cérémonie. Que vive l’indépendance de notre pays, que vive Patrice Lumumba héros national » s’est exprimé au micro de média Congo Press un étudiant en Sciences politiques à l’Université de Kinshasa.

Attachés aux questions d’actualités, certains Kinois rencontrés s’interrogent sur l’authenticité de la dent remise par le gouvernement belge à la RDC. Loin du consensus entre co-debateurs, les commentaires sont allés dans tous les sens.

Après la cérémonie, une bonne partie du public présent à l’enterrement de la relique de Lumumba s’est dirigée vers le stade des Martyrs pour assister au mega concert du groupe Wenge Musica 4 x 4.

30 Juin 1960 : « Le pays était prêt à prendre l’indépendance mais pas à la gérer » professeur Gaston Kalambayi

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Le cycle continu de mégestion que connaît la RDC est notamment dû au fait qu’il y a 62 ans, les Congolais étaient prêts à prendre l’indépendance, mais pas à la gérer. Voilà donc qui justifie et conforte la situation actuelle du pays. C’est ce que pense Gaston Kalambayi Lupungu, professeur de droit civil, les biens, et droits de sûreté. Cet enseignant des universités reste convaincu que la demande d’indépendance par les Congolais était prématurée, mais nécessaire.

« Cette indépendance n’a pas été préparée. La colonisation belge a été surprise de voir les Congolais demander l’indépendance. Pour preuve, à l’accession à son indépendance, le pays n’avait pas plus de 10 universitaires. Il n’y avait pas assez de licenciés. Vous comprendrez donc que l’esprit critique faisait défaut et les conséquences subies n’étaient pas pesées à leur juste valeur », laisse-t-il entendre.

Le professeur Gaston Kalambayi Lupungu estime que le pays se trouvait dans une phase critique qui exigeait beaucoup de réflexions et d’intelligence. Aussi, réclamer l’indépendance était un droit et un fait, estime-t-il, mais que cela devait être un processus.

« Ce qui ont demandé l’indépendance n’étaient pas des universitaires, mais des Congolais qui avaient à peine le niveau moyen du secondaire, ils n’ont pas bien pensé. Il fallait aller progressivement », note-t-il.

Ce scientifique reste d’avis que le pays devrait continuer à être géré par le colon dans une optique de collaboration entre le Belge et le Congolais. Ce dernier devait beaucoup apprendre de la gestion de la chose publique. « L’indépendance est une chose, mais sa gestion en est une tout autre, et ça, beaucoup de Congolais n’avaient pas encore atteint cette maturité de gestion », ajoute-t-il.

Gaston Kalambayi Lupungu est persuadé que plusieurs inégalités sociales vécues ce jour dans le pays ne sont rien d’autres que la conséquence de cette précipitation.

« Nous sommes un pays indépendant, mais nous devons gérer cette indépendance pour l’intérêt commun. En 1960, il n’y avait aucun Congolais millionnaire, mais aujourd’hui les Congolais millionnaires ne sont pas des hommes d’affaires, allez-y comprendre… », s’est-il exclamé.

Pour ce dernier, l’égoïsme qui caractérise plusieurs autorités n’est qu’une nature léguée depuis l’accession à l’indépendance par les toutes premières autorités congolaises.

Le modèle colonial belge était celui de l’apartheid. Blancs et noirs ne pouvaient pas vivre dans le même quartier. Ils ne pouvaient pas occuper les mêmes emplois. A deux ou trois mois de l’indépendance, aucun noir ne pouvait vivre dans le centre européen de Kinshasa, dans les villes européennes. C’était une séparation totale. Les boucheries vendaient par exemple de la viande pour « chiens et noirs ».

Les blancs étaient prioritaires pour tout ce qui touchait à l’administration. Le noir devait donc céder la place au blanc en toutes choses. C’est pourtant dans cet esprit que les Congolais ont acquis l’indépendance, calquée sur ce modèle séparatiste qui s’est finalement perpétué.

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