RDC-Kongo-Central : l’histoire de la Traite négrière raconté à travers ses vestiges à Nsiamfumu (Muanda)

Fenêtre ouverte de la République démocratique du Congo (RDC) sur l’océan Atlantique, la ville côtière va désormais offrir « à l’ancestral congolais et africain de ressusciter la mémoire collective de son existence réelle en ses valeurs traditionnelles et ancestrales » à travers les traces encore existantes de son passé douloureux, estiment les autorités coutumières. Il est heureux que la patrie de Lumumba, «en retard par rapport à d’autres pays comme le Congo-Brazzaville avec Loango à Pointe-Noire, au Ghana et au Sénégal », aux dires du représentant pays de l’Unesco, s’y engage à présent.

L’effervescence qu’a connue Nsiamfumu, le 29 août, devrait marquer un nouveau tournant dans l’histoire de Muanda, la réputée ville côtière du Kongo central. Acte solennel posé par Atou Matubuana, alors gouverneur du Kongo central, au-delà de sa symbolique, la pierre au sommet du petit ouvrage de maçonnerie présent depuis deux semaines dans la contrée a mis les projecteurs sur elle différemment. Les constructions à ériger dans l’avenir ont pour ambition de voler la vedette au Parc marin des Mangroves, le principal attrait touristique de la ville côtière situé à l’embouchure du fleuve Congo.

Le représentant pays de l’Unesco est d’avis que,« comparé au Ghana et au Sénégal, la RDC a trop attendu » pour mettre sur pied un site de l’envergure de Nsiamfumu. Jean-Pierre Ilboudo a montré de l’enthousiasme à participer au lancement des travaux, en marge de la Journée internationale du souvenir de la Traite négrière et de son abolition. « Je suis très fier de venir pour la première fois à Nsiamfumu voir les vestiges et réhabiliter ce cadre », a-t-il confié au Courrier de Kinshasa.

Et de poursuivre, se rapportant aux propos du ministre du Tourisme, Modero Nsimba, il a salué la détermination de l’élu de Muanda « à récupérer les terres spoliées ». Et qui plus est, « faire en sorte que cette zone marque le point de départ de la Traite négrière ». Le lieu qui l’est effectivement est « le cadre idéal de commémoration de la Journée du 23 août ». Ainsi, l’Unesco prêt à appuyer le plaidoyer et l’engagement du ministre Modero Nsimba « va faire en sorte de contribuer à la réalisation du projet », a affirmé Jean-Pierre Ilboudo. Cela va consister « premièrement à soutenir la réhabilitation du lieu afin qu’il soit un lieu de souvenir, de mémoire et de recueillement ». Rappelant à cet effet que « l’Unesco a institutionnalisé la Journée et nous lançons un appel pour que le devoir de mémoire soit effectif au niveau de tous les Etats dont la RDC ».


Modero Nsimba, ministre du Tourisme

Traite négrière, une matière à enseigner

Reconnue comme un crime contre l’humanité, l’histoire de la Traite négrière doit être intégrée dans l’enseignement, « introduite comme matière » tel que l’a préconisé le Pr Théodore Ngoy à l’occasion. Ce qui devrait, ainsi que l’a signifié le représentant pays de l’Unesco, conforté l’action du projet « Route de l’esclave, existence, liberté, héritage créé pour aider gouvernements, organisations de la société civile, médias et universités à ouvrir les pages tragiques de notre histoire. Combattre l’oubli ou le déni d’un passé pourtant bien documenté et faire connaître cet héritage dans toute sa complexité ».

Maîtres des lieux, les chefs coutumiers de la contrée, avec en tête Mfumu Difima, qui ont souhaité la bienvenue à leurs hôtes par une cérémonie coutumière, veillent au grain. Les différents masques, six principaux, garantissant l’ordre social présentés au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur ainsi qu’à ceux de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Culture et du Tourisme font partie de son patrimoine culturel à côté des vestiges de la Traite. Les autorités venues de Kinshasa, hôtes de marque accueillis avec honneur, ont été informés de leurs rôles et responsabilités dans la société.

Mfumu Difima a alors souligné les attributions spécifiques et exclusives reconnues par la Constitution à l’autorité coutumière en rapport avec la conservation, protection et pérennisation des vestiges ancestraux et des patrimoines culturels. Ce qui explique la construction, en plein Muanda village, d’un abri pour l’unique chaudron restant des six d’autrefois recueillis et les chaînes, restes des négriers. Outre les sites de Nsiamfumu, y compris la plage Nkumbi et Mvula qui portent encore les stigmates de la Traite négrière, ce sont les éléments essentiels, les témoignages vivants qui donnent un réel crédit à la tradition orale, permettent de garder la substance de ces récits transmis de père en fils et de ne pas être édulcorés au fil du temps.


Adiac-Congo /provinces26rdc.net

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*