RDC :  » La survie politique du président Félix Tshisekedi est dans la coalition  » selon Lumeya Dhu Maleghi

Après les violentes manifestations anti-Malonda qui ont endeuillé Kinshasa et plusieurs provinces du pays, l’élu de Kikwit, Lumeya Dhu Maleghi pense que malgré les soubresauts actuels, le président Félix Tshisekedi ne peut s’en passer de la coalition CACH-FCC.

Dans une interview accordée dimanche à Ouraganfm.cd, le vice-président de la DDC affirme que Tshisekedi et Kabila n’ont pas d’autre alternative à la coalition. Il rappelle que c’est une question de vie ou de mort politique.

Les deux sont liés par un deal que personne ne connaît le contenu. Pour Lumeya, en dépit de l’hostilité de Kabund et Kabuya, la coalition a des beaux jours devant elle.

Il ne voit pas le président prendre le risque de dissoudre l’Assemblée nationale. « Et si jamais, il n’avait pas la majorité parlementaire, que deviendrait-il ? », s’est-il interrogé, tout en insistant que « Mieux vaut un démon qu’on connaît qu’un ange, qu’on ne connaît pas ».

En politique averti, Lumeya reconnaît l’épaisseur politique actuelle du duo Kabund-Kabuya sur la scène politique congolaise mais il refuse de croire au déluge. Tuer la coalition, c’est faire fausse route.

Au regard de la dernière marche, Kabund et Kabuya ont démontré certes qu’ils contrôlent la rue. Et avec la disparition de Kamerhe, ils deviennent incontournables vis-à-vis du chef de l’État si bien qu’ils le défient maintenant.

Il sait que le duo Kabund-Kabuya agitera la rue si Tshisekedi ne se met pas à sa cadence. Un problème, selon lui, du contrôle de la rue entre le chef et ses hommes du sérail.

Ouragan FM CD: Quelle est votre lecture de dernières manifestations violentes qui ont débordé à Kinshasa et dans quelques provinces pour désapprouver le choix de Malonda ?

Lumeya : le premier aspect, les manifestations du 09 juillet sont organisées au lendemain de la prorogation de l’État d’urgence sanitaire. Une des mesures du chef de l’État, c’est l’interdiction de réunir plus de 20 personnes. En dépit de cet État d’urgence et des mesures arrêtées par le Président de la République, c’est l’UDPS qui prend l’initiative d’organiser une manifestation. Le Gouvernement se réunit, appelle les organisateurs à la raison mais ils refusent, ils tiennent la marche.

Un message clair adressé au FCC accusé d’avoir mis en en catimini le président contesté de la commission électorale ?

Non, la démarche tend, par contre, à régler un problème interne à l’UDPS. Elle établit le rapport des forces. Qui contrôle la rue entre le président de la République et le duo Kabund et Kabuya ? Vous vous souviendrez que Kabund n’a pas été tellement soutenu par le Président de la République quand il a été renversé à l’Assemblée Nationale. D’ailleurs, le Président a reçu la dame et l’a présenté. Et maintenant Kabund a donné une réponse au Président de la République, que c’est lui qui contrôle la rue de l’UDPS, la force de l’UDPS. Il a bravé son autorité, il a organisé la marche en dépit de l’ordonnance décrétant l’État d’urgence. La marche a eu lieu, lui même a marché avec Kabuya. Donc, la première leçon que nous tirons de ces événements c’est que, l’UDPS aujourd’hui est sous le contrôle du duo Kabund et Kabuya. Puisqu’ils contrôlent la rue, ils l’ont manifesté, cela signifie que tout ce qui se fait sans l’accord de ce duo sera nul et de nul effet. En organisant cette marche, ils rappellent indirectement au président de la République l’histoire de Genève.

Vous voulez dire que le président ne fera rien sans eux ?

Dans le cas actuel par exemple concernant le processus électoral, ils veulent dire au Président que si vous avez fait un deal avec le Président sortant sans nous consulter, ce deal ne pourra pas marcher. Donc, vous devez renoncer à ce deal sur la présidence de la CENI. Pourquoi je dis cela, est-ce que tu sais que le processus électoral est surveillé de près par le Président Tshisekedi et le Président sortant Kabila. Est-ce que vous pensez qu’ils pouvaient laisser Madame la Présidente de l’Assemblée Nationale examiner ce problème d’entérinement de Malonda sans avoir l’avis du « Raïs »? Est-ce que Kabila et Tshisekedi n’avaient pas parlé de ce problème quand ils se sont rencontrés à N’sele ? C’est la grande question.

Dans cette situation des turbulences permanentes, l’avenir de la coalition devient incertain. La rupture peut intervenir à tout moment ?

La coalition, c’est un deal conclu d’abord entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Personne ne connaît le contenu de ce deal. Le deal là, il est comme un colis d’or qu’on doit transformer en bijoux. Il passera par l’épreuve de feu mais c’est un passage obligé pour qu’il devienne quelque chose de valeureux. C’est comme la coalition. Les propriétaires vont tenir toujours pour que ça devienne un bijoux. Donc, la coalition, c’est la première épreuve de feu. Pour Tshisekedi et Kabila, il n’y a pas une autre alternative à la coalition. C’est un problème de vie ou de mort politique. La survie politique du président Félix Tshisekedi est dans la coalition. A supposer qu’il arrivait par malheur à dissoudre l’Assemblée nationale et qu’il n’a pas de majorité parlementaire. Que deviendra-t-il ? Pour sa survie politique, le président Tshisekedi a intérêt à collaborer avec un ange qu’on connaît, qu’un démon qu’on connait pas. De toutes les façons, la coalition a des beaux jours devant elle en dépit de l’hostilité que manifestent Kabund et Kabuya.


Ouragan FM /provinces26rdc.net

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