RDC : Le gouverneur Ngobila « Des usines de traitement des déchets seront bientôt implantées à Kinshasa »(ville propre)

Le gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila a réuni mardi 19 novembre dernier à l’Hôtel de Ville, les bourgmestres et les coordonnateurs communaux de Kinshasa-Bopeto (ville propre ) a cette occasion, exhorté ces derniers à descendre dans leurs quartiers pour sensibiliser et éduquer la population sur la propreté.

Le premier citoyen de la ville a aussi évoqué la persistance des marchés pirates qui, selon lui, polluent énormément la capitale de la République Démocratique du Congo.

G. Ngobila a cependant déploré la lenteur dans la mise en application de ses mesures en ce qui concerne la chasse aux marchés de fortune.

« Le souci majeur avec les bourgmestres demeure l’évacuation des immondices. Vous devez travailler dans ce sens. Celui qui ne va pas réussir le défis de la salubrité, ne va pas continuer à travailler avec moi », a prévenu le gouverneur de la Ville.

Par ailleurs, Gentiny Ngobila a annoncé pour bientôt l’arrivée à Kinshasa des partenaires pour implanter des usines de traitement des déchets.

Pour rappel, la ville de Kinshasa produit 3 millions de tonnes des déchets solides par an, soit près de 8.200 par jour. La production journalière par habitant, selon la commune de résidence, est évaluée entre 350g et 750g.

Ces statistiques avaient été révélées le mois dernier par Didier Tenge Litho, ministre provincial de l’environnement, au cours de la 2è table ronde sur l’assainissement dans la ville de Kinshasa, organisée par le ministère des infrastructures.

Selon Tenge Litho, les matières organiques et les papiers sont des déchets les plus collectés dans la capitale, avec respectivement 43% et 11% de production.

Kin-Bopeto : quand les femmes s’en prennent à la gestion des déchets Kinshasa est actuellement confrontée à de sérieux problèmes d’insalubrité. Absence de politiques d’évacuation des déchets, maladies récurrentes… La rédaction femme d’ Actualité.cd vous propose un tour d’horizon dans les rues et quartiers de la capitale.
Dans la capitale congolaise, chaque ménage dispose de ce que l’on pourrait qualifier d’un processus “personnalisé” dans la gestion des déchets. D’une commune à une autre, des femmes se sont relayés pour relater leur dispositif de gestion des déchets.

Sephora vit à “Grand monde”, un quartier voisin de Pakadjuma. Dans la parcelle où elle est locataire, le bailleur a imposé l’utilisation d’une seule poubelle pour trois maisons. “C’est une règle que j’ai trouvée depuis que j’habite ici. Par semaine, nous vidons nos poubelles au moins une fois. Les boites de conserves, les sacs plastiques ou les aliments avariés, toutes les ordures y sont jetées.”

 Dans les autres communes de la capitale congolaise, les techniques de vidange  sont différentes. “J’ai un seau de 25 litres. C’est là que je place toutes les immondices. En fin de semaine, les éboueurs passent pour le vider à 500 francs ou 1000 francs congolais selon la quantité des déchets” explique Niclette, infirmière et habitante de Kalamu. Nadège qui vit à Selembao complète “ Le seau que j’utilise comme poubelle est de 15 litres. Pour le vider, je me lève tous les jours à 6 heures du matin pour aller déposer mes déchets dans une rivière près de mon domicile” confie Nadège, vendeuse d’eau en sachet au grand marché de Kinshasa.

Philomène par contre n’utilise pas de seau. Elle utilise des sacs vides qu’elle pose dans un trou creusé dans sa parcelle  uniquement pour ses déchets. “J’ai un personnel de ménage. C’est lui qui s’occupe de tous les travaux de ma maison. Quand je fais mes provisions de maïs ou des riz, je mets en réserve ces sacs vides pour qu’ils nous servent de poubelles. Tous les objets secs sont jetés dans les sacs. Des déchets humides ou en liquide sont jetés dans un trou. Toutes les semaines, je veille à ce que les poubelles soient vidées.

La fièvre typhoïde : hantise des ménages

Certaines femmes ont également exprimé leurs inquiétudes par rapport aux maladies récurrentes dans leurs foyers. C’est le cas de Philomène qui parle de la fièvre typhoïde.

“C’est une chose qui nous(mon époux et moi) inquiète. Malgré les normes de propreté que j’ai instaurées dans mon foyer, chaque mois il y a toujours une personne dans ma maison qui souffre de la fièvre typhoïde,” s’indigne Philomène.

Abondant dans le même sens, Albertine Ntumba, propriétaire d’une gargotte à Kingabwa se plaint des pics récurrent de malaria.. “La seule maladie qui revient tous les mois dans ma maison, c’est la malaria. Parfois, on paie des médicaments dans une pharmacie pour se faire soigner. Mais, quelques jours plus tard, elle refait surface.” 

Des propositions pour la réussite de Kin Bopeto

Pour la réussite de l’opération Kin-Bopeto, si certaines estiment que les actions avancent en bonne et due forme, d’autres pensent qu’il y a encore des choses à améliorer.

Irène Ilunga propose d’étendre l’opération à tous les coins de la capitale.“C’est une opération très louable. Je me demande pourquoi elle ne se limite qu’aux grandes artères de la capitale, elle devrait s’étendre jusque dans les avenues et les quartiers les plus reculés.”

Pour Philomène, le gouvernement devrait songer à renforcer le comité de suivi de cette opération. “Il faudrait qu’il y ait un suivi régulier de toutes les actions. Sur chaque avenue, chaque quartier et chaque commune, les autorités devraient placer des agents.”

“Il n’y a pas une politique de gestion des déchets dans la capitale. Parfois, nous faisons un effort de vider nos caniveaux mais les services de l’hôtel de ville ne passent pas pour évacuer ces déchets. Les autorités de la ville devraient songer à placer des poubelles publiques et bien gérer les déchets” propose Niclette l’habitante de Kalamu.

Pour rappel, l’opération Kin Bopeto lancée le 19 octobre est un programme d’assainissement de la ville de Kinshasa initié par le gouverneur Gentiny Ngobila.  Le gouvernement provincial avait promis de récompenser les 24 quartiers les plus propres, en raison d’un quartier par commune chaque mois.

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