RDC : « Nous n’avons peur de rien, nous sommes au courant de toutes les réunions nocturnes qu’ils organisent » (Kabuya- La réponse de l’UDPS au PPRD)

Le climat est tendu entre les alliés UDPS et PPRD. Depuis la sortie publique d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti de Joseph Kabila, les cadres de l’UDPS répondent systématiquement à toutes les piques. Ce dimanche, c’était Augustin Kabuya, secrétaire général a.i de l’UDPS de réagir.

« Je ne peux pas permettre qu’on se joue du chef de l’Etat. Le Chef de l’Etat a une base. Il a convaincu non seulement les congolais, mais toute la communauté internationale. Ils vous emmènent sur une mauvaise voie. Nous n’avons peur de rien. Nous sommes au courant de toutes les réunions nocturnes qu’ils organisent. Nous n’avons peur rien. S’ils osent seul Dieu sait ce qu’il adviendra du Congo ce jour-là. On ne va plus se laisser faire », a dit Augustin Kabuya devant les militants réunis au siège du parti.

Il a également réagi au sujet des accusations de détournement.

« Allez demander à Shadary : l’Inspecteur général des finances avait déjà déposé son rapport auprès du Procureur général de la République. Le PGR n’est pas de l’UDPS. Il n’a pas été nommé par le président de la République. Si cela traine cela n’est pas un problème du chef de l’Etat ou celui de l’UDPS. Un homme sérieux ne peux pas dire ce qu’il a dit », a déclaré Kabuya.

L’UDPS et le PPRD s’attaquent par meetings interposés. Après les sorties d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, ce dimanche c’est Augustin Kabuya qui a réuni les militants de l’UDPS pour répondre.

Parti des milices

« Le Secrétaire permanent du PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, tout le monde sait ce qu’il a fait dans ce pays. Il s’est permis à Lubumbsahi de qualifier l’UDPS comme un parti des milices. C’est une opportunité de lui dire que l’UDPS est un parti politique non violent. Aucun membre de l’UDPS est sous sanction de la communauté internationale ».

Accusation des détournements

« C’est également une occasion de lui dire que c’est irresponsable de sa part. 65% du gouvernement est composé des membres du FCC. Toutes les régies financières ainsi que toute la chaine de la dépense sont entre les mains du FCC. Ils savent à quel niveau ils avaient laissé ce pays. Cela ne sert à rien de polémiquer ».

Gratuité de l’enseignement

« Je ne suis dans aucune institution et j’avais dis que je dois demeurer près de la base. Ils ont dit que la gratuité de l’enseignement a commencé avec leur régime. Que Shadary me dise dans quelle école de son village les élèves étudiaient gratuitement (…). A travers le ministère de l’enseignement, ils pillaient l’argent du pays. Depuis le dialogue de Sun City a toujours été géré par la famille politique. Ils en ont fait leur business. Le chef de l’Etat n’est pas leur ami. Il faut un minimum de respect ».

Cette matinée politique intervient dans un contexte marqué par la sortie médiatique d’Emmanuel Shadary, secrétaire permanent du PPRD, qui a annoncé non seulement la rentrée politique prochaine de Joseph Kabila, mais aussi l’ambition de son parti de remporter les élections de 2023.

A Lubumbashi, les militants du PPRD se sont même affrontés avec ceux de l’UDPS alliés à ceux de l’UNAFEC de Gabriel Kyungu.

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Augustin Kabuya, secrétaire général a.i de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), a dévoilé, ce dimanche 27 octobre, au cours d’une matinée politique, les échanges qu’il dit avoir eus avec le député provincial Peter Kazadi au début de l’année autour de la place de Jean-Marc Kabund.

Kabuya soutient que Kazadi garde une dent contre Kabund qu’il considère comme celui qui l’a empêché de devenir directeur de cabinet adjoint de Félix Tshisekedi.

« Peter Kazadi m’a invité à l’hôtel du Fleuve. Il m’a dit qu’on s’était mis d’accord pour que toi tu diriges le parti et qu’on fasse partir Jean-Marc Kabund. J’ai lui ai dit que j’étais le plus âgé entre les deux et que je ne pouvais pas me mettre dans une voie qui ferait la honte du chef de l’Etat. Je lui ai dit que je n’étais pas preneur », a dit Augustin Kabuya devant les militants réunis ce dimanche à la permanence du parti, à Limete.

Il ajoute qu’il a rejeté cette proposition jurant fidélité à Kabund et à Tshisekedi : « A mon âge, je ne peux pas accepter et je n’ai pas l’esprit de trahison. Je lui ai dit que si Kabund s’était comporté comme Tshibala on ne parlerait pas de tout ceci aujourd’hui. Dans la vie, il faut être reconnaissant ».

Kabuya explique pourquoi également il a décidé de tout révélé ce dimanche : « J’ai été victime des attaques sur les réseaux sociaux. C’est pour cela que je dis tout ceci. Comme on ne s’était pas entendu, je lui avais souhaité bonne chance. Quand j’ai été nommé, il a été le premier à s’attaquer à moi » .

Selon Kabuya, Peter Kazadi considère que c’est Kabund qui l’a empêché d’être nommé Dircaba de F. Tshisekedi d’où son combat contre ce dernier

ACTUALITE.CD

La tension est vive entre quelques cadres de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social). La crise de leadership et de positionnement est maintenant très visible. Ce dimanche 27 octobre, le député provincial Peter Kazadi et le secrétaire général ad intérim Augustin Kabuya ne se sont pas loupés.

« Au mois de janvier quand le chef de l’Etat constituait son cabinet, je n’étais pas consulté. Il pouvait nommer qui il voulait. Il avait provisoirement nommé Désiré-Cashmir Kolongele Eberande comme son directeur de cabinet. Quand la donne a changé, ce dernier était devenu son directeur de cabinet adjoint. J’ai été consulté par Peter Kazadi. Il n’était pas content. Il voulait être directeur de cabinet adjoint du chef de l’Etat. Quand il a appris que Désiré-Cashmir Kolongele Eberande avait été présenté au chef de l’Etat par Jean-Marc Kabund, il a considéré que c’est Jean-Marc Kabund qui a empêché qu’il soit nommé à ce poste-là. Il m’a dit alors qu’il allait combattre Kabund à tous les degrés », a affirmé Kabuya au cours d’une matinée politique organisée ce dimanche.

Plus tôt, c’était Peter Kazadi qui s’était manifesté taclant la gestion du parti par Kabund et Kabuya.

« J’ai appris qu’au cours de la réunion de l’exécutif du parti de ce jeudi, tu as annoncé ta volonté de violer, une fois de plus, les statuts du parti en proposant la nomination des membres d’une nouvelle équipe de l’exécutif du parti. Je te demande de ne pas pousser ton stoïcisme jusqu’au bout car, si ton projet est mis en exécution, il y aura des conséquences graves qui vont secouer durablement notre cher parti », avait dit Peter Kazadi dans un message adressé à Augustin Kabuya.

Selon lui, Augustin Kabuya et Jean-Marc Kabund n’observent pas les valeurs démocratiques prônées par le parti.

« Toi et Kabund, vous devrez savoir que des millions de nos compatriotes ont péri et donné en sacrifice leurs vies pour que triomphe à jamais la démocratie non seulement dans notre pays mais surtout au sein de l’UDPS. Vous n’avez donc pas le droit de marcher impunément et éternellement sur les valeurs démocratiques nous léguées par nos pères-fondateurs. Vous devez savoir que l’UDPS est notre héritage commun qu’il ne faut pas hypothéquer à vil prix. Pour rien au monde, nous ne vous laisserons détruire l’œuvre de toute une vie nous léguée par Etienne Tshisekedi wa Mulumba », avait-il ajouté.

Il s’est dit même prêt à engager un combat contre le tandem qui dirige le parti actuellement : « Vous nous trouverez sur votre chemin et nous vous combattrons autant que nous avons combattu les différentes dictatures qui se sont succédées dans notre pays ».

Tout avait commencé fin avril quand, constatant que Félix Tshisekedi, président du parti, était constitutionnellement mis en disponibilité pour cause d’incompatibilité des fonctions, la Convention démocratique du parti (CDP) avait mis en place une présidence à trois, citant l’article 26 des statuts de l’UDPS. Ainsi, Félix Tshisekedi était élevé au rang de Haute autorité politique de référence du parti, avec droit de regard consultatif sur les directives du nouveau directoire. Victor Wakenda, président de la CDP, et Jacquemain Shabani, président de la Commission électorale permanente (CEP), avaient tenté en vain de convaincre Jean-Marc Kabund, qui s’opposait à cette présidence à trois. Finalement, Kabuya avait été confirmé secrétaire général ad intérim et Kabund, président ad intérim du parti.

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