RDC : pour le Conseil de sécurité de l’ONU, la lutte contre les groupes armés doit passer absolument par une stratégie régionale intégrée

Dans la nouvelle résolution qui prolonge le mandat de la MONUSCO, il souligne que la solution à ces problèmes ne saurait être purement militaire. Ainsi, il demande au gouvernement congolais de nommer un coordonnateur principal chargé des questions de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR)  et d’élaborer une stratégie en la matière qui soit axée sur le retour des ex-combattants à une vie civile pacifique et notamment sur les besoins spécifiques des ex-combattants, femmes et hommes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a noté, ce jeudi 19 décembre, que l’élimination de la menace posée par les groupes armés en RDC doit passer par une stratégie régionale intégrée et un engagement politique fort de la part des gouvernements de la République démocratique du Congo et de la région « afin de tirer le meilleur parti de la dynamique régionale positive enclenchée en étroite coordination avec la MONUSCO et l’envoyé spécial du Secrétaire général pour les Grands Lacs ».

Le Conseil de sécurité estime que les récentes activités diplomatiques engagées par les autorités congolaises sur le plan régional sont encourageantes. Ainsi, il se félicite que la RDC et ses voisins se soient de nouveau engagés à œuvrer de concert pour mettre fin à l’insécurité dans la région du Kivu et pour promouvoir un développement régional durable, « en gardant à l’esprit qu’il importe de s’attaquer aux causes profondes du conflit, notamment l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles, et de mettre un terme aux cycles récurrents de violence, comme indiqué dans l’Accord‑cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région ».

Le Conseil considère d’ailleurs que l’Accord-cadre reste le mécanisme essentiel pour parvenir à une paix et une stabilité durables en République démocratique du Congo et dans la région. Il rappelle également « l’engagement pris par les États de la région dans l’Accord-cadre de ne tolérer aucun type de groupe armé ni fournir d’aide ou d’appui à ces groupes ». Il invite instamment les États signataires, avec l’appui des garants de l’Accord-cadre, à renforcer leur collaboration en vue de combattre efficacement et dans tous ses aspects la menace que représentent tous les groupes armés étrangers restants en République démocratique du Congo et les mouvements d’armes illicites dans la région.

Contexte 

Pour rappel, à l’unanimité de ses membres, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, ce vendredi, la résolution 2502 par laquelle il proroge jusqu’au 20 décembre 2020, le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et, à « titre exceptionnel », celui de sa brigade d’intervention. Ainsi, la MONUSCO maintiendra un effectif maximum autorisé de 14 000 militaires, 660 observateurs militaires et officiers d’état-major, 591 policiers et 1 050 membres d’unités de police constituées. Le Conseil approuve le déploiement, à titre temporaire, de 360 membres supplémentaires d’unités de police constituées, en remplacement du personnel militaire.

Il a rappelé que les deux priorités stratégiques de la mission sont d’assurer la protection des civils et d’appuyer la stabilisation et le renforcement des institutions de l’État en RDC. En clair, la nouvelle feuille de route insiste sur la protection des civils en réduisant le nombre de militaires et en augmentant celui de policiers. Ce mandat est également politique :  « L’appui à la stabilisation et au renforcement des institutions de la République ainsi qu’aux principales réformes de gouvernance et de sécurité ».

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*