RDC : Un policier accusé de vol lynché puis brûlé vif par la population.(Justice populaire à Goma)

Un homme a été brûlé vif dans le quartier Katoyi à Goma ce vendredi 20 décembre aux environs de 5 heures. Selon un habitant du milieu, l’homme voulait voler dans une maison du quartier quand il a été surpris par les habitants  qui ont mis fin à sa vie.

Le présumé voleur était en tenue civile mais avec une tenue de la police nationale congolaise dans son sac ce qui a fait penser qu’il s’agissait d’un policier, raconte un jeune homme du quartier.

La police qui est venue récupérer le corps s’est buté à la résistance de la population, et pour la disperser, elle a tiré des coups de feu en l’air.

Furieux, des jeunes du quartier s’en sont pris au bureau de la police du quartier situé à Notre-Dame d’Afrique et l’ont brûlé. Ils accusent les éléments de la police d’être à la base de l’insécurité dans leur milieu.

Pour le moment, ils ont bloqué la route Katoyi en y plaçant des barricades sur la chaussée.

Goma: trois postes de la PNC incendiés par des manifestants en moins de deux semaines

3 postes de Police Nationale Congolaise (PNC) dans la ville de Goma au Nord-Kivu dans moins de deux semaines. Des incendies qui surviennent alors que des cas d’insécurité sont rapportés du jour au lendemain dans la ville volcanique.

Le 10 décembre dernier, des habitants en colère ont mis le feu sur deux bureaux du commissariat de la Police au quartier Kasika après la mort par balle d’un jeune élève de moins de 17 ans. Cela faisait suite à une grogne de la population contre l’insécurité, qui laisse les habitants dans l’embarras, d’autant plus qu’en l’espace d’une nuit, au moins 50 maisons avaient été visitées par les assaillants.

Sur place, les habitants accusaient la police de n’être pas venue à leur rescousse malgré les appels et cris de détresse.

D’autres policiers sont carrément accusés d’être de mèche avec les voleurs ou d’être des bourreaux des habitants.

Ce vendredi 20 décembre dans la matinée, les habitants du quartier Katoyi ont brulé un autre poste de police après avoir lyché un policier parmi ceux affectés à ce lieu.

Ces habitants accusent ce policier d’être impliqué dans le vol à main armée aux environs de minuit dans une maison d’un infirmier. Cet élément de la Police a été brulé vif, sans autre forme de procès.

Pour les habitants de Katoyi, ces éléments de la police affectés à ce lieu tracassent les paisibles citoyens dans les heures vespérales.

La violence ne paie pas !

Si la colère des habitants est compréhensible, la justice populaire est répréhensible, rappellent des défenseurs des droits de l’homme dans la ville de Goma.

En effet, notent des responsables sécuritaires, tous les policiers dénoncés devant leurs responsables sont poursuivis par les juridictions compétentes si les accusations contre eux sont plausibles.

C’est d’ailleurs le cas de trois policiers accuses d’avoir tiré sur les manifestants le 10 décembre dernier à Goma. D’autres procès sont en cours à ou des responsables déjà condamnés à travers le pays.

Pour beaucoup d’analystes, si l’Etat doit veiller à ce que des brebis galeuses, dans les rangs des forces de sécurité, soient extirpées, il faut que les habitants comprennent également qu’une faute commise par un élément ne met pas en cause tout le travail des vaillants policiers et militaires.

Un activiste de la Société Civile de Goma appelle les habitants à ne pas recourir à ce genre de vengeance « afin de ne pas ouvrir la voie aux ennemis qui pourraient se faire passer pour des habitants et commettre des graves crimes ».

En attendant, il rappelle également que les postes de police incendiés sont les biens du contribuable congolais qui ne doivent pas être détruits mais qu’il faut mettre l’accent sur la nécessité de justice contre les coupables. « Détruire un bureau de la Police ne sert à rien. Il faut être raisonnable, la violence ne paie pas », insiste notre interlocuteur.

Prunelle RDC/Provinces26rdc.net

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