RDC : Une nécessité urgente que de réfléchir sur un mode de scrutin d’élections des sénateurs et gouverneurs

Conformément à la Constitution, le processus électoral en cours en République démocratique du Congo se poursuivra ce mois de mars avec l’élection des sénateurs et gouverneurs de province par les députés provinciaux. Mais les échos en notre possession vont à l’encontre du défi du nouveau président  de la république qui tient à lutter contre les antivaleurs tout au long de son quinquennat.

Saisi de la situation qui prévaut actuellement à l’intérieur du pays à l’approche des élections des sénateurs et gouverneurs de province, le président de la république, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a, au cours  d’un point de presse qu’il a animé lors de sa récente visite officielle de 48 heures à Windhoek en Namibie, lancé l’idée de réfléchir sur le mode de scrutin des sénateurs et gouverneurs de province. Car, le constat qui se dégage est que le comportement des grands électeurs qui sont les députés provinciaux laisse à désirer et ne peut, en aucun cas, favoriser le développement à la base. D’où, des candidats sénateurs se retirent de la compétition et, de ce fait, certains d’entre eux vont jusqu’à saisir les instances judiciaires.

La problématique des provinces

S’il est vrai que la Constitution prévoit le passage du nombre de 11 provinces à 26, mais sous le régime Joseph Kabila, l’application de cette  disposition légale a été faite à la hâte à telle enseigne que certaines d’entre elles (provinces) éprouvent d’énormes difficultés pour émerger.

En plus, qu’il s’agisse des anciennes ou nouvelles provinces, le choix des personnes qui les pilotent n’a pas du tout été judicieux. Pour le besoin de la cause, l’intérêt supérieur de la nation a été renvoyé dans les oubliettes.

Déterminés à emboîter les pas, bon nombre de députés provinciaux élus le 30 décembre 2018 recourent au monnayage des voix avec des montants faramineux.

Avec cette pratique honteuse aujourd’hui décriée, le développement à la base que prône le président Félix-Antoine Tshisekedi risque d’être un vain mot. Car il sera difficile d’avoir à la tête des provinces des personnes dignes et expérimentées pouvant présenter un bon projet de société. Cela en vue de booster l’économie de leurs juridictions et émerger sur tous les plans.

Pour sa part, le futur gouvernement devra relancer la problématique de la rétrocession de 40 % des recettes de l’Etat tel que le prévoit la constitution de la République démocratique du Congo. Bien qu’abordée au cours des conférences des gouverneurs de province présidées par Joseph Kabila, alors président de la république, cette disposition légale n’a toujours pas été d’application effective. Un effort devra donc être fait de ce côté.

Le type des sénateurs

Les députés provinciaux doivent aussi avoir à l’esprit qu’ils ont la lourde responsabilité de doter le parlement de représentants du peuple dignes de nom, capables d’analyser des situations complexes du pays, d’initier des lois au lieu de se comporter en applaudisseurs, comme cela a été le cas lors des mandatures précédentes.

Appelée chambre haute, le Sénat devra surtout être composé de sénateurs compétents, intègres, des sages qui peuvent orienter l’Exécutif national sur la bonne voie. Pour ce faire, une certaine maturité s’impose.

En attendant que l’on réfléchisse sur le mode de scrutin des sénateurs et gouverneurs de province tel que l’a déclaré le chef de l’Etat, les députés provinciaux devront, pour les élections de ce mois de mars, faire preuve de nationalisme, de patriotisme, afin de ne pas constituer un frein au développement à la base.

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